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Bartók et Kodály, images inédites des archives nationales britanniques

8 Mai 2014

Récemment retrouvé dans le fonds musical du British archive, ce film-annonce hongrois de 1965 offre quelques secondes d'images vivantes et inédites des deux principales figures de la musique magyare et européenne du XXe siècle, "Bartók Béla" et "Kodály Zoltán", pour reprendre la coutume patronymique hongroise qui consiste à terminer par le prénom. Le second (qui devait s'éteindre deux ans plus tard) rend ici hommage au premier à l'occasion du vingtième anniversaire de sa mort.

Apparaissant tout d'abord armé de sa fidèle cigarette, sous un chapeau à larges bords, le compositeur du Château de Barbe-Bleue nous est ensuite donné à voir examinant un instrument traditionnel [sous le regard furtif d'un acolyte à lunettes qui ressemble étrangement au Prof. Unrat (alias Emil Jannings) du fameux film L'Ange bleu (Der Blaue Engel) de Josef von Sternberg (1927) !]

Son vieux complice Kodály apparaît tel qu'en lui-même, dans son bureau-bibliothèque de l'académie Franz-Liszt de Budapest.

Comme il était de rigueur sous la période communiste, les réalisateurs semblent mettre un accent particulier sur les nombreuses difficultés matérielles rencontrées par Bartók au cours de sa période américaine (1940-1945), histoire d'imputer aux duretés de l'"American way of life" la mort prématurée du compositeur, pourtant gravement malade.

Bartók est l'une des figures musicales auxquelles je reviens le plus souvent. L'admiration que j'éprouve pour l'oeuvre du compositeur et l'héritage du pionnier de l'ethnomusicologie et du pédagogue, se double d'une affection secrète et diffuse pour l'homme de progrès et d'ouverture. Je me demande souvent, depuis quelques années, ce qu'il penserait de la façon dont les principes démocratiques, dans la Hongrie de Viktor Orban, sont réduits à un squelette et vidés de leur substance. Que dirait-il du sentiment de jalousie et de frustration que le régime ultra-conservateur actuel réveille et entretient à l'encontre des Juifs et des Tziganes, dont il fut, avec Kodály, l'un des témoins culturels... Serait-il devenu roumain en voulant retrouver sa Transylvanie natale, dévolue à la Roumanie en vertu du traité signé à Trianon en 1920, amputant la Hongrie des deux tiers de son territoire d'avant 1914 ? Je crois plutôt qu'il aurait repris le chemin de l'exil, mais utiliserait les moyens actuels de communication pour donner de la voix contre les démagogues sans vergogne qui défigurent la démocratie au sein de l'Union européenne.

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